C'est dans le besoin que l'on reconnaît ses amis:
la baleine sauvée par son étron



Depuis 1986, la chasse commerciale à la baleine fait l'objet d'un moratoire mondial.
Une mesure qui avait été prise pour permettre au mammifère marin de se refaire une santé démographique.
Or, la chasse n'a pas cessé pour autant. Les Japonais et les Norvégiens, trop friands de cette viande, ont réussi à détourner le moratoire en troquant le ciré du chasseur, contre la blouse blanche du scientifique. Des centaines de cétacés finissent ainsi chaque année dans les assiettes après que les chercheurs ont prélevé quelques échantillons de tissu pour les étudier.
Pour combattre cette hypocrisie, le biologiste australien Nick Gales a adapté une vieille technique d'étude des animaux vivants: l'analyse des crottes, bien connue pour le loup par exemple.
Extraits de son argumentaire:
Dans les fèces, on trouve bien sûr des restes de repas, ce qui renseigne sur les mœurs alimentaires de l'animal. On peut y observer des éventuels parasites intestinaux, ce qui donne des indications sur sa santé. Mais surtout, les fèces contiennent quelques cellules de la paroi de l'intestin. En examinant soigneusement leur contenu chromosomique, il est donc possible de déterminer non seulement le sexe, mais l'identité du propriétaire de l'étron par le biais des empreintes génétiques.
Reste le problème de la collecte de ces précieux indices scientifiques: elle se fait à l'aide d'un filet, plutôt en surface, niveau bathymétrique habituellement choisi par le cétacé pour déféquer. Selon Nick Gales, qui a testé sa méthode sur la baleine bleue, il est donc tout à fait possible de faire des recherches scientifiques très sophistiquées sans attenter à la vie de l'animal en danger de disparition. Dans ces nouvelles conditions, la baleine intéressera-t-elle toujours autant les scientifiques Japonais et Norvégiens?


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