Comment diable le calamar fait-il pour fuir ses ennemis à la vitesse de l'éclair, alors qu'il est apparenté, dans son arbre évolutif aux escargots et aux limaces?
Des chercheurs américains croient avoir trouvé la réponse, selon le New Scientist du 10 mai: ils sont capables de faire courir des impulsions électriques plus rapides le long de leurs nerfs.
Les calamars ont en effet d'excellents réflexes, et peuvent se déplacer à 11 km/h, ce qui leur permet entre autres ruses - ils savent aussi changer de couleur - d'échapper parfois à leurs prédateurs. Ces mouvements rapides sont d'autant plus surprenants lorsqu'on examine leur pedigree: ils descendent d'une espèce disparue de mollusques qui semblait aussi dynamique que les cailloux sur lesquels ils rampaient.
Aujourd'hui, l'autre branche de l'arbre évolutif des calamars est coupée par d'autres rampants plutôt lents, les limaces et les escargots.
Gilley double lame!
Cherchant à comprendre cette curiosité naturelle, Rhanor Gillette, de l'Université de l'Illinois et William Gilley, de l'Université de Stanford ont entrepris l'étude des cellules nerveuses du calamar et d'une limace marine. Plus particulièrement des canaux à sodium, des pores protéiniques répartis sur leur membrane qui, en s'ouvrant, envoient les impulsions nerveuses le long des neurones vers le cerveau ou vers les fibres musculaires.
Les résultats sont très parlants: la limace met 3 millisecondes pour ouvrir ses canaux à sodium, et ne peut répéter l'exercice que 30 fois par secondes. La pompe à sodium du calamar réagit dix fois plus vite, et peut fonctionner plus de deux cent fois par seconde. Les muscles du calamar peuvent ainsi obéir au quart de tour à la vue d'un prédateur.