Les animaux et la modernité : adaptation ou soumission



Et si les animaux avaient une faculté d'adaptation beaucoup plus grande que ce que l'on imaginait?

De nombreuses études actuelles le prétendent. Suite à des catastrophes annoncées, (ex: disparition de certaines espèces suite à la destruction de leur biotope), les chercheurs ont eu la surprise de retrouver ces espèces dans d'autres environnements auxquels elles s'étaient adaptés, très rapidement. Ces études ne remettent pas en question la nécessité de préserver les espèces en voies de disparition, et leurs biotopes, mais elles éclairent d'un jour nouveau, la faculté d'adaptation de l'animal, et par la même de l'homme.

Les cités constituent le dernier refuge de la diversité biologique.

Les animaux y trouvent des humains tolérants et une variété de biotopes disparue en terre agricoles.

Sur les terres agricoles les arbres sont tellement propres en ordre, (culture expansive oblige), que le pic ne trouve plus un trou où nicher. Les parcs et jardins des cités lui offrent des troncs plus négligés et accueillant, tandis que dans les buissons désormais exclusivement urbains, (les machines agricoles s'accommodant mal des bocages), se cachent les merles et les rouge-gorge.

Victime des pesticides, herbicides et engrais, les escargots ont subi, à la campagne une éradication quasi totale. Les papillons ont subi le même sort quand ont disparu leurs plantes "nourricières". Ces dernières n'ont pas disparu en milieu urbain, où le gracieux lépidoptère a trouvé un biotope de substitution.

La ville est devenue le dernier refuge de la diversité biologique.

En zone construite on trouve quatre fois plus d'espèces d'escargots qu'à la campagne. Côté oiseaux, on trouve vingt fois plus d'espèces différentes nichant en ville qu'en zone agricole. Martinets, hirondelles et alouettes ont déménagé, mais aussi des rapaces comme le faucon crécelle, amateur de clochers et de grands arbres.

Désertion des campagnes, émigration massive en ville. C'est une formule déjà connue, entendue en d'autres circonstances!

Et si le paysan n'était pas le meilleur ami de l'animal?

En ville les bêtes prospèrent grâce à la grande tolérance des citadins, nettement plus enclins à cohabiter avec elles que les paysans.

L'habitant des cités a perdu cette notion de rivalité avec la nature.

Pour eux, on ne touche plus, on admire et on protège.

La ville offre une diversité des biotopes introuvable ailleurs.

On trouve des parcs plantés de vieux arbres, des buissons des talus aux herbes folles, des haies des flaques, des murs de pierre, mais aussi de très accueillants greniers, des caves, des perchoirs "high-tech", des bouches de ventilation, des cheminées, ainsi qu'un microclimat très agréable.

La ville est un îlot de chaleur, où la différence de température moyenne (de 0,5 à 1,5 degré en plus) équivaut à un déplacement de 300 kilomètres vers le sud. On voit ainsi certains oiseaux, autrefois de passage seulement, s'installer définitivement dans nos villes. La tourterelle turque et l'étourneau sont de ceux là.

Les exemples d'adaptation à la "modernité" ne manquent pas. La nourriture est abondante en ville, les papillons se régalent des parterres et des balcons fleuris, de même que les abeilles,(certains apiculteurs amateurs ont même installés leurs ruches en pleine ville sur le toit de leur immeuble). Le renard lors de ses fréquentes incursions nocturnes trouve tout ce qu'il lui faut dans nos sacs-poubelle.

Toujours sur le plan alimentaire, qui n'a pas observé des rapaces perchés sur les barrières qui bordent les autoroutes, attendant patiemment la proie que leur procure l'automobiliste (petits rongeurs, hérissons, oiseaux ). Celles-ci ne manquent pas quand on sait que statistiquement une route qu'empruntent plus de cent voitures à l'heure devient un mur infranchissable pour les animaux.

Et quel plus bel exemple d'adaptation au progrès que ces hirondelles chaque année plus nombreuses à emprunter le tunnel sous le Mont-Blanc lors de leur migration annuelle.

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